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Touche pas à mon barrage

25 août 2019

ANV-COP21 Nevers a décidé aujourd’hui, jour du sommet du G7 à Biarritz, de sortir au barrage de Pannecière, le portrait du Président (réquisitionné récemment par nos activistes). Il s’agit pour notre collectif de rappeler la tâche d’un chef d’état, qui est celle de préserver notre bien commun.

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Crédit Vincent Lalot

Depuis une dizaine d’années, la Commission Européenne tente avec acharnement de privatiser les barrages des Etats européens. La France n’échappe pas à cette volonté et les gouvernements successifs ont capitulé au fur à mesure devant les injonctions de Bruxelles.

Macron, en bon élève de cette Europe libérale, a décidé, avec son Gouvernement, d’accélérer ce processus d’ouverture totale du marché de l’énergie en décrétant la mise en vente d’ici 2022 d’une première vague de 150 concessions de barrages et à terme la vente totale des 433 concessions de barrages que compte EDF.

Il semblerait que les barrages français soient la poule aux œufs d’or. On parle de 2,5 milliards d’euros annuels d’excédent brut dont une bonne partie revient aux collectivités locales, avec un nombre relativement faible de salarié·es (21 000), alors que tous les investissements sont amortis depuis longtemps, puisque l’essentiel des installations ont été construites au sortir de la seconde Guerre mondiale. EDF continue d’investir dans le confortement des barrages pour assurer leur bon fonctionnement.
La Cour des comptes évalue les redevances liées à l’ouverture à la concurrence à 520 millions d’euros par an. C’est donc peu au regard des bénéfices et des enjeux de service public.

Dans ce contexte, les multinationales sont dans les starting blocks pour reprendre les délégations de service public et profiter de cette manne financière.

Les barrages dans La Nièvre, dont celui de Pannecière où nous sommes aujourd’hui n’échapperont pas à ce naufrage de l’intérêt général.

Va-t-on laisser nos Gouvernants actuels continuer à spolier les Français·es d’un bien commun qu’iels ont financé par leurs impôts et par leur facture d’énergie ?
Va-t-on laisser privatiser nos barrages alors qu’ils participent à la régulation des cours d’eaux, à l’approvisionnement en eau potable, à l’irrigation, au tourisme, aux loisirs ?
Va-t-on renoncer à produire une électricité renouvelable, sans émission de CO2, au coût maîtrisé, pilotable en fonction des besoins du pays , en pleine phase de transition vers un nouveau modèle énergétique ?
Va-t-on confier la gestion à des groupes privés dont l’objectif unique est la rentabilité financière au détriment des moyens mis en œuvre pour l’entretien et la sécurité ? 

Il est possible de faire autrement comme le montre le fait que plusieurs pays européens ont décidé de refuser cette situation en déclarant leurs barrages en Service d’Intérêt Économique Général ( S.I.E.G ) prévu par les traités européens existants.
L’État Français doit rester maître de sa gestion de l’eau et de sa production énergétique.

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