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Non au Projet de Loi dit de "Sécurité Globale" !

28/11/2020

Ce 28 novembre 2020, nous nous sommes mobilisé·es contre le Projet de Loi dit de “Sécurité Globale” qui porte atteinte aux libertés.

Lors de notre prise de parole, nous avons demandé aux manifestant·es de s’agenouiller et de brandir leur téléphone portable.
A genoux en hommage à toutes les victimes de violences policières.
A genoux pour montrer à toutes et tous ce que la Loi “Sécurité Globale” signifie : une population qui aura peur d’utiliser son droit à manifester, peur de sa police au service de l’État et non de la population, peur même d’être simplement dans l’espace public, une population bâillonnée, une population à genoux.

Militant·es pour nos droits sociaux, pour le climat, pour les droits des migrant·es, féministes, journalistes, photographes et vidéastes, chaque citoyen, chaque citoyenne… nous sommes toutes et tous concerné·es.

Luttons contre ce glissement autoritaire et sécuritaire, ensemble nous sommes une force immense !

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Crédit Didier Gamet

Voici le texte lu par la FSU58 lors de cette manifestation contre le Projet de loi dit de “Sécurité Globale” : 

“La FSU58 et la CGT58 ont appelé les citoyen·nes, associations, partis politiques qui partagent la même colère à participer au rassemblement relatif à la loi de sécurité globale … avec un geste fort symbolisant le droit de filmer.

« Ce gouvernement, je le caractérise d’un mot : la police partout, la justice nulle part. »
Ces mots datent de 1851 et ont été prononcés par Victor Hugo pour dénoncer les tentatives de déstabilisation de la jeune deuxième République par Louis-Napoléon Bonaparte.
 
Police partout-justice nulle part a ensuite été repris de nombreuses fois durant le XXème siècle et ce slogan est plus que jamais d’actualité aujourd’hui.
Il y a quelques mois, ce sont les Gilets Jaunes, dont certain·es ont vécu des violences dans leur chair quand les réponses à leurs revendications pour plus de justice sociale ont été : drones de surveillance, reconnaissance faciale et répression totale.
 
Les syndicalistes aussi paient un lourd tribut : Poursuites judiciaires envers des militant·es, convocations de grévistes, entraves du droit de manifester, violences policières, licenciements de syndicalistes, expulsion de syndicats des bourses du travail… Dans l’Éducation Nationale, la Directrice Académique de la Nièvre remplace même les grévistes sur leur poste de travail ce qui constitue une atteinte à notre droit constitutionnel de faire grève. L’État d’urgence continuel, la crise sanitaire et bien sûr l’adoption de lois liberticides, comme celle dite « loi anti-casseurs » en 2017, donnent les mains libres aux gouvernements pour détruire la liberté syndicale.
 
Mais on peut citer aussi la modification à venir du Code de Justice Pénale des Mineurs  : bracelet électronique et construction de 20 nouveaux Centre Éducatifs Fermés. Seule l’idée de contrainte et le contrôle des décisions judiciaires sont présents. L’éducatif qui fait notre politique de justice des mineurs depuis 1947 est annihilé, privilégiant toujours le contrôle et l’enfermement. 
Quand nos libertés sont attaquées à ce point, c’est la démocratie qui est en danger.
 
L’État organise le musellement de la population pour rendre nos luttes invisibles. Pour continuer de faire vivre une société oligarchique où seule une petite partie des individus profite de la richesse produite par tous et toutes. 

Regardez ce que le gouvernement a fait lors de l’hiver dernier quand nous nous battions pour nos retraites. Sa communication laissait entendre que nous n’aurions rien compris à la formidable réforme par points indexés sur le PIB : un passage en force du projet de réforme avec le 49-3.
Regardez les mesures prises actuellement qui ne visent qu’à distribuer des aides aux entreprises sans aucun contrôle parce que des postes d’inspecteurstrices du travail ont été supprimés dans la fonction publique.
Regardez les mesures prises qui amènent ATD-Quart Monde et les associations lycéennes de jeunesse (je veux dire, les vraies, pas celle payée par Blanquer), à alerter sur la misère des étudiantes et étudiants quand le RSA n’est toujours pas octroyé aux moins de 25 ans. 
Et alors qu’il est annoncé près d’un million de chômeur·es supplémentaires d’ici la fin de l’année, le gouvernement persiste à appliquer sa politique de destruction des droits des chômeur·es. Avec, dans son projet de loi, le durcissement des conditions d’accès aux droits et d’indemnisations qui continuera d’exclure des centaines de milliers de personnes.
 
Oxfam France dit que les 10 % les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres n’en détiennent seulement que 5 %. C’était en 2017, la situation s’est aggravée depuis.
 
Après les images de l’expulsion de Sans-Papiers, à Paris, place de la République, et à ce sujet comment ne pas évoquer ici l’émoi, la colère, l’indignation qu’a provoqué hier l’expulsion de notre ami Théophile vers le Congo où il aura été livré aux autorités locales, après les images donc de la chasse de Sans-Papiers de la place de la République, de nouvelles images choquantes et inacceptables de violences policières, à l’encontre d’un producteur de musique et d’une partie de son équipe, provoquent elles aussi indignation et colère voire la nausée.

Comment sont donc recrutés et formés les policiers ? Ne faudrait-il pas leur enseigner que la haine raciale est un délit et qu’en cours de Sciences de le Vie et de la Terre, on apprend aux enfants que les races n’existent pas.
La FSU tient à apporter son soutien aux victimes de ces violences et demande, non seulement, que toute la vérité soit établie mais que des sanctions soient prises, vraiment. 

Voulons-nous rejoindre les pays qui bâillonnent la presse tels le Soudan, la Turquie, Israël, l’Iran ou le Pakistan ?
Pour conclure, la FSU demande comme plusieurs partis et de nombreuses associations ici présentes, le retrait de la loi dite de sécurité globale qui favoriserait, à l’inverse de son intitulé, une aggravation du climat sécuritaire et des violences perpétrées par des policiers. C’est pourquoi ce projet de loi « Sécurité Globale » qui marque une dérive autoritaire inquiétante et inacceptable doit être retiré sine die.
 
Il y a un mois, le Président s’exprimait ainsi à la Sorbonne dans son hommage à notre collègue professeur d’histoire assassiné : « Nous défendrons la liberté que vous enseigniez si bien et nous porterons haut la laïcité. ». Nous exigeons, ensemble et nous sommes des milliers en France et même au-delà, nous exigeons que cela ne reste pas que des mots !”

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